Calogero, hier soir, au Zénith de Lille : l'énergie rock électrique d'un showman qui rend les grandes salles intimistes.
Le chanteur a démarré sa tournée, «chez lui», au Zénith de Lille qu'il a transformé en une boum agitée.
Voilà quatre jours qu'il rodait son spectacle avec ses musiciens au Zénith de Lille. ...
Hier soir, devant sept mille spectateurs en apesanteur, Calogero a démarré la tournée de son dernier album, L'Embellie. Une première date lilloise choisie à dessein, comme nous l'avait expliqué le chanteur, hier matin, à quelques heures du grand show.
« Le Nord, c'est la première région où ma carrière a démarré. Parce que les gens ont soif de spectacles, aiment la chanson française. C'est très touchant, confiait-il d'une voix fragile. Pour moi qui fonctionne beaucoup par adoption - je suis fils d'immigrés qui ont choisi la France comme pays d'accueil - Lille, c'est chez moi. » Il avoue alors en riant connaître « la Braderie par coeur » pour y avoir « chanté en gala avec les Négresse vertes » à la fin des années 1980.
Et le chanteur de rappeler qu'il fonctionne par coups de coeur. Sur son dernier album, L'Embellie, se sont invités des paroliers émérites comme Dominique A - auteur de trois chansons dont La Fin de la fin du monde -, Marc Lavoine (Nathan ), Jean-Jacques Goldman (C'est dit), Dick Annegarn. Mais aussi Kent et Pierre Lapointe, auteurs-compositeurs qui assureront quelques premières parties de la tournée. « J'avais envie que des auteurs aux horizons différents, de l'intello Dominique A au populaire Marc Lavoine, viennent sur mon album et s'y sentent à l'aise », expliquait Calogero pour justifier le casting de ses paroliers à la plume affûtée. Et d'ajouter comme une évidence : « Cela prouve surtout que je n'appartiens à aucune chapelle. » Mais l'artiste appartient au moins à une école, celle du très grand spectacle.
Face à la mer
Quand il arrive sur scène, le Zénith n'est qu'une mer de poissons frétillants. Entouré de ses deux batteurs, de ses deux guitaristes et de son pianiste, le showman entame L'Embellie, un nouveau titre dont les paroles sont déjà sur toutes les lèvres. Le son comme l'ambiance sont électriques, les jeux de lumière euphorisants. Un brin fébrile, en raison d'une voix affaiblie par une laryngite naissante, Calogero n'est pas de ceux qui s'écoutent, encore moins de ceux qui s'économisent. En concert il donne tout. En une chanson, il s'est déjà accaparé la salle immense.
Thermomètre, quarante degrés. L'applaudimètre explose très vite, lorsque le Grenoblois enchaîne ses succès bien connus des ondes radio et des télés.
En cinq albums, le chanteur peut se permettre de piocher dans son répertoire comme Eva Longoria le ferait dans sa penderie. Avec l'embarras du choix.
Et qu'importe si sa voix ne suit pas toujours, il a sept mille choristes et pas que des midinettes ! Des ados mais aussi des mamans, des femmes mais aussi des hommes (si, si) qui assurent comme des bêtes. Face à la mer, Le Saut de l'ange, Danse encore, C'est dit, La Fin de la fin du monde, L'Ombre et la lumière interprété en duo avec un Grand Corps malade venu pour l'occasion... Tout s'accélère lorsque le petit homme pile électrique interprète Aussi libre que moi en parcourant les moindres recoins de la scène. La tension montre alors qu'on croyait le concert à son apogée. Après l'embellie, c'est un véritable raz-de-marée. •